Il y a quelque temps, un client m’a dit une phrase qui m’a particulièrement marquée :
« Il y a quelque chose que vous m’avez dit qui a complètement changé ma façon de faire. »
Cette phrase, c’était : Ne plus lutter contre. Agir pour.
Il m’a expliqué combien il dépensait d’énergie à lutter contre ses acouphènes et son hyperacousie. À vouloir que le bruit cesse. À l’écouter, le surveiller, le redouter. À anticiper les situations qui pourraient l’accentuer.
Et plus il luttait, plus il se sentait tendu, fatigué, parfois épuisé.
Alors que signifie réellement ne plus lutter contre ses acouphènes ?
Certainement pas se résigner.
Et encore moins renoncer à aller mieux.
C’est changer de direction.
Quand toute l’attention se tourne vers le bruit
Lorsqu’un acouphène apparaît, la première réaction est souvent très simple :
« Qu’est-ce que c’est ? »
Puis viennent parfois d’autres questions :
Est-ce que ça va rester ? Pourquoi moi ? Est-ce que c’est plus fort aujourd’hui ? Est-ce que je vais réussir à dormir ? Est-ce que je vais pouvoir supporter ce bruit ?
Et sans forcément s’en rendre compte, on commence à vérifier.
On écoute.
On compare.
On cherche le bruit.
On se demande s’il est encore là.
Cette réaction est parfaitement compréhensible. Lorsque notre cerveau considère une information comme importante ou potentiellement menaçante, notre attention est naturellement attirée vers elle.
Le problème apparaît lorsque cette surveillance devient quasiment permanente.
Le bruit n’est alors plus seulement une perception auditive. Il peut être associé à de l’inquiétude, de la colère, des tensions, de la fatigue, des difficultés de concentration ou de sommeil.
C’est ainsi qu’un cercle peut progressivement s’installer :
j’entends → je m’inquiète → je surveille → je me tends → je remarque davantage.
Lutter contre un bruit que l’on ne contrôle pas
Quand quelque chose nous dérange, notre réflexe est généralement de vouloir le supprimer.
Avec un acouphène, cette stratégie se heurte à une difficulté majeure : on ne possède pas un bouton permettant de l’arrêter à volonté.
Alors on peut consacrer énormément d’énergie à essayer de contrôler quelque chose qui, à cet instant précis, échappe justement à notre contrôle.
Et cette lutte peut prendre différentes formes :
éviter certaines situations par peur du bruit, rechercher sans cesse le silence, vérifier l’intensité de l’acouphène, anticiper les moments difficiles, chercher continuellement une nouvelle solution…
Peu à peu, l’objectif devient : « Il faut absolument que je ne l’entende plus. »
Et c’est précisément là que je propose de changer de cap.
Ne plus lutter contre ne signifie pas « accepter de subir »
C’est probablement le point le plus important.
Ne plus lutter contre ses acouphènes ne signifie pas apprendre à vivre avec en silence et ne plus rien faire.
Il ne s’agit pas de se dire :
« C’est comme ça, je n’ai plus qu’à m’y habituer. »
Au contraire.
Il s’agit de déplacer son énergie vers ce sur quoi il est réellement possible d’agir.
La question n’est plus uniquement :
« Comment faire disparaître ce bruit ? »
Elle devient aussi :
« Qu’est-ce que je peux faire aujourd’hui pour aller mieux, même si ce bruit est encore présent ? »
Et cette différence peut sembler minuscule.
En réalité, elle change énormément de choses.
Alors, agir pour quoi ?
Agir pour détendre un corps qui reste constamment en tension.
Agir pour retrouver un sommeil plus serein.
Agir pour diminuer l’anxiété et les anticipations.
Agir pour réinvestir des activités qui captent naturellement l’attention.
Agir pour sortir progressivement de la surveillance permanente du son.
Agir pour retrouver des moments agréables sans vérifier toutes les cinq minutes où en est l’acouphène.
Agir pour retrouver de la confiance dans son corps et dans ses capacités d’adaptation.
Ce sont autant de petites directions possibles.
Il ne s’agit pas de tout changer en une journée.
Il s’agit de commencer à remettre du choix là où l’on avait parfois l’impression de ne plus en avoir.
Notre cerveau sait aussi mettre certains sons en arrière-plan
Nous vivons quotidiennement entourés de sons auxquels nous ne prêtons presque plus attention.
Le réfrigérateur qui ronronne.
La circulation au loin.
Une horloge.
Un ordinateur.
Le cerveau reçoit ces informations, mais lorsqu’il ne les considère pas comme importantes, elles peuvent progressivement sortir du premier plan de notre attention.
Pour les acouphènes, un phénomène d’habituation peut également se produire. L’Assurance Maladie rappelle d’ailleurs que, chez de nombreuses personnes, la perception ou surtout la gêne associée aux acouphènes peut diminuer progressivement avec le temps.
Mais cette évolution n’est ni immédiate, ni identique pour tout le monde.
Et lorsque le son est associé à de la peur, de l’anxiété ou à une surveillance permanente, détourner son attention devient évidemment beaucoup plus difficile.
C’est pourquoi agir uniquement sur le bruit ne suffit pas toujours.
Il peut aussi être utile d’agir sur tout ce qui s’est construit autour de lui.
Et la sophrologie dans tout cela ?
La sophrologie est une méthode qui associe respiration, détente du corps, mouvements doux et évocation d’images, de sensations ou de souvenirs.
Dans l’accompagnement des acouphènes et de l’hyperacousie, elle permet de mettre en pratique ce changement de cap : ne plus lutter contre, mais agir pour soi, sur ce qui peut évoluer.
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