Au début, il y a souvent cette question :
« C’est quoi ce bruit que j’entends ? »
Puis viennent les suivantes.
« Est-ce que c’est grave ? »
« Pourquoi cela ne s’arrête pas ? »
« Est-ce que ça va rester ? »
« Est-ce que ça va empirer ? »
Vous consultez un ORL.
Parfois, aucune cause particulière n’est retrouvée. Et il arrive encore que la réponse donnée soit simplement :
« Il faut vivre avec. »
Sauf que vivre avec n’est pas si simple.
Parce qu’entre-temps, ce bruit a commencé à prendre de la place.
Vous pouvez ressentir de la colère, de la frustration, de l’inquiétude.
Vous pouvez commencer à redouter le soir parce que vous avez peur de ne pas dormir.
Vous pouvez avoir plus de mal à suivre une conversation, à vous concentrer, à profiter d’un moment avec vos proches.
Et peu à peu, votre attention revient très souvent vers ce son.
Pourquoi votre attention revient-elle sans cesse vers l’acouphène ?
Notre cerveau reçoit en permanence énormément d’informations.
La température de la pièce.
Le contact des vêtements sur la peau.
Les odeurs.
Les sensations dans le corps.
La position de nos mains, de nos pieds, de notre dos.
Heureusement, nous n’avons pas conscience de tout en même temps.
Le cerveau trie.
Et pour décider ce qui mérite notre attention, il tient notamment compte de la réaction de notre corps et de l’émotion associée.
Si un son provoque de la peur, de la colère, une tension corporelle, une crispation ou une inquiétude, le cerveau peut progressivement enregistrer :
« Cette information est importante. Je dois la surveiller. »
Prenons un exemple très simple.
Imaginez que vous attendiez un appel très important.
Votre téléphone est posé à côté de vous. Autour, il y a peut-être des conversations, des voitures qui passent, une porte qui se ferme…
Pourtant, au moindre petit son provenant de votre téléphone, votre attention se dirige immédiatement vers lui.
Pourquoi ?
Parce que votre cerveau sait que cette information compte.
Le téléphone n’émet pas forcément un son plus fort que les autres. Mais votre attention est prête à le repérer.
Avec l’acouphène, quelque chose de comparable peut se produire.
À force d’être associé à de l’inquiétude, de la frustration ou à des réactions corporelles désagréables, il peut devenir une information prioritaire.
Et votre cerveau devient alors très efficace pour le détecter.
C’est un mécanisme de protection.
Plus le cerveau considère l’acouphène comme important, plus il devient efficace pour le repérer.
Et plus il le repère, plus vous avez l’impression qu’il est omniprésent.
Ce n’est pas volontaire.
Votre cerveau fait simplement ce qu’il sait faire : porter l’attention sur ce qu’il considère comme prioritaire.
L’attention peut-elle apprendre à se diriger ailleurs ?
Oui, c’est possible.
L’idée n’est pas de forcer votre attention à quitter l’acouphène, ni de chercher à l’ignorer à tout prix. Il s’agit plutôt de l’aider, progressivement, à retrouver d’autres points d’appui.
Les sensations du corps, le toucher, les odeurs, les goûts, ce que vous ressentez dans l’instant peuvent redevenir des informations importantes.
Petit à petit, votre attention peut ainsi retrouver davantage de souplesse et ne plus revenir systématiquement vers le même signal.
Et comme pour tout apprentissage, c’est surtout la répétition qui va compter.
Pour commencer à expérimenter ce déplacement de l’attention, je vous propose un exercice très simple.
Un exercice simple pour réinvestir vos sens
Pour commencer à expérimenter ce déplacement de l’attention, je vous propose un exercice très simple.
Prenez un fruit dans votre main : une pomme, une orange, une poire, une pêche… peu importe.
Installez-vous confortablement dans un fauteuil, les pieds bien à plat sur le sol, les jambes décroisées, les mains libres.
Prenez trois grandes respirations profondes. Inspirez par le nez… puis soufflez doucement par la bouche.
Puis fermez les yeux, pour vous isoler un peu du monde extérieur et porter davantage votre attention sur vos sensations, vos perceptions, tout ce qui se passe à l’intérieur de vous.
Commencez par sentir le fruit dans votre main.
Percevez son poids, sa texture, sa température, sa forme.
Passez-le ensuite dans l’autre main.
Les sensations sont-elles similaires ? Différentes ? Peut-être percevez-vous certains détails plus nettement d’un côté que de l’autre.
Puis, toujours les yeux fermés, représentez-vous ce fruit intérieurement.
Sa couleur.
Ses nuances.
Sa forme.
Sa taille.
Peut-être même certains détails que vous connaissez bien.
Approchez ensuite le fruit de votre nez.
Prenez le temps d’en percevoir l’odeur.
Est-elle douce ? Sucrée ? Fraîche ? Acidulée ? Plus discrète que vous ne l’imaginiez ?
Observez simplement ce que cette odeur fait apparaître.
Peut-être qu’elle éveille déjà vos papilles.
Peut-être une envie de le goûter.
Une image.
Un souvenir.
Une association d’idée.
Puis, si vous le souhaitez, goûtez lentement le fruit.
Prenez le temps de percevoir sa texture en bouche, sa température, son goût, les différentes saveurs, la salivation, les mouvements de la mâchoire.
Et lorsque vous avez exploré toutes ces sensations, restez encore quelques instants les yeux fermés.
Comment vous sentez-vous maintenant dans votre corps ?
Quelles sensations sont présentes ?
Quelles perceptions ?
Peut-être une impression de fraîcheur, de chaleur, de détente, de plaisir, de curiosité… ou autre chose.
Il n’y a rien à chercher ni à réussir.
L’idée est simplement de prendre conscience que votre attention peut se déplacer, explorer d’autres sensations, d’autres perceptions, et ne pas rester fixée sur une seule information.
Comment aider votre cerveau à changer ses priorités ?
L’exercice que vous venez d’expérimenter peut déjà montrer une chose importante : votre attention peut se déplacer et se tourner vers d’autres sensations, d’autres perceptions, d’autres informations.
Bien sûr, tout ne change pas en une journée. Mais plus vous entraînez votre cerveau à explorer d’autres points d’attention, plus cette capacité peut progressivement se développer.
Lorsque l’on vit avec des acouphènes, certains réflexes peuvent naturellement s’installer, parfois sans même que l’on s’en rende compte : vérifier si le bruit est toujours présent, anticiper certains moments de la journée, redouter les périodes de silence…
Dans mes accompagnements, je propose notamment de mettre en place de nouvelles petites routines pour entraîner progressivement le cerveau à défocaliser de l’acouphène et à accorder davantage d’importance à d’autres sensations ou expériences.
En voici un exemple.
Chaque matin, vous avez déjà un moment où vous vous préparez : dans la salle de bain, sous la douche, en vous brossant les dents…
Je vous invite à profiter de ce moment pour laisser venir un mot positif, un mot qui corresponde à la tonalité que vous souhaitez donner à votre journée.
Cela peut être : confiance, élan, concentration, sérénité, énergie, joie, gratitude… ou tout autre mot qui vous parle.
Puis, pendant quelques instants, prononcez mentalement ce mot à l’inspiration.
Et à l’expiration, imaginez que vous diffusez à l’intérieur de vous ce qu’il représente.
Quelques respirations suffisent.
L’idée est simplement de commencer votre journée en donnant volontairement de la place à une autre information, à une autre sensation, à une autre intention.
Pourquoi choisir la sophrologie pour vous accompagner ?
La sophrologie est une méthode d’entraînement qui permet notamment d’apprendre à déplacer son attention, à revenir vers ses sensations et à ne plus rester constamment focalisé sur l’acouphène.
Cette approche fait écho à ce que souligne l’Assurance Maladie : la focalisation sur les sons perçus peut renforcer leur perception, et réduire l’importance accordée à l’acouphène peut aider à retrouver davantage de liberté au quotidien.
C’est dans cette logique que je construis mes accompagnements. Les techniques que je propose sont adaptées à votre vécu, à vos besoins et à la manière dont vous percevez vos acouphènes. L’objectif reste le même, mais le chemin pour y parvenir est propre à chacun.
Et maintenant ?
Vous l’avez vu, l’objectif n’est pas de lutter contre l’acouphène, mais d’aider progressivement votre attention à retrouver davantage de liberté.
Cela demande du temps, de la répétition et des techniques adaptées à votre façon de vivre vos acouphènes.
Le bruit n’a pas le dernier mot.
Si vous souhaitez savoir comment je peux vous accompagner, je vous propose un appel découverte gratuit de 15 minutes pour échanger simplement sur votre situation.
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Je transformerais cette dernière phrase soit en bouton, soit en lien cliquable. Je préfère le bouton : visuellement, on comprend immédiatement quoi faire.
*À noter
La sophrologie intervient en complément d’un suivi médical et ne remplace pas un diagnostic ou une prise en charge ORL. En cas d’acouphène récent, brutal, inhabituel ou accompagné d’autres symptômes, il est important de consulter un professionnel de santé.*
Source
Assurance Maladie – Acouphènes : bilan, traitement et prévention